Oeuvre de la semaine#30 :Cléo-Nikita Thomasson, Carnet II, Le complexe du Homard

Cléo-Nikita Thomasson. Photographies assemblées.

Page du Carnet II, projet Le Complexe du Homard, Photographie, encre                     © Cléo-Nikita Thomasson.

Les mots se fracassent contre leur propre impuissance à rendre palpable la vulnérabilité dans le travail de la jeune photographe Cléo-Nikita Thomasson. Cette fragilité vibre au gré des photos et des mots dans les trois carnets de l’artiste.  Ces collages s’éprouvent à travers nos sens, notre regard inquisiteur. Devant nous se tient immobile mais fière la vie, la vraie. Continue reading →

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Oeuvre de la semaine#29 : Laurette Succar, Trait pour trait.

Laurette Succar

Trait pour trait, 40×60 cm, encres sur Joss paper. © Laurette Succar

L’oeil s’aventure parmi les traits, délicats et colorés, pour se perdre dans le méandre des plis, des croisements et des rencontres.  L’artiste Laurette Succar, s’inscrit dans un démarche qu’elle explique comme “une tentative de mise en résonance de l’écriture poétique et de l’écriture plastique”. Continue reading →

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Livre Mania#2 : Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie, 2015

D'après une histoire vraie, Delphine de Vigan, 2015.

Delphine de Vigan, D’après une histoire vraie. Editions Le Livre de Poche, 2015. 484 p.

Le titre nous prévient d’emblée de jeu ce qui va se passer, l’histoire qui se trame. Et pourtant on n’y prête pas plus attention que ça, on commence tranquillement, docilement, à lire les premières pages. L’insouciance est de mise, la garde est baissée. On pense se retrouver encore devant un roman fictif, où tout ce qui se présente à nous est inventé de toute pièce, fait entièrement d’assemblages de mots, de tonalités, de phrases, de ponctuation. Mais au fur et à mesure de cette promenade on s’enfonce dans quelque chose auquel nous n’étions pas tant préparé que cela. On patauge dans l’incertitude ; est-ce vrai ? Est-ce inspiré de son histoire ? De quelque chose qui a pu arriver à quelqu’un de proche ? Le duel commence. Fiction VS réel. Impitoyable, tranchant, on déboule au milieu de tout cela, surpris d’être là, étonné même de notre participation plus ou moins passive.

Mais cette torpeur qui nous entraîne au fond de l’eau n’est que plus délicieuse par cette incertitude. Réelle mise en abîme des questions posées à la narratrice, par elle-même aussi, on avance parmi les mots, tentant d’esquiver ce que ce livre pose réellement comme problème. Quelle part de fiction pour écrire ? Le réel ne peut se présenter sans enrobage.  Même lorsque l’on prétend écrire une histoire réelle, un livre sans fiction, cela est impossible. Les mots permettent d’être un filtre à la pensée, aux souvenirs, à ce monde rude qui n’hésite pas à nous balloter, à nous chahuter.

Quand on referme le livre, ses effluves ont tout de même réussi à s’échapper, stagnant dans l’air quelques instants, nous enivrant quelque peu. Pris au piège par nos propres incertitudes, la première envie est de savoir si oui ou non tout est tiré d’une histoire « vraie », d’une histoire vécue. Spirale sans fin, labyrinthe sans sortie, on erre parmi ces méandres entrouverts par Delphine de Vigan. C’est bien trop réel, proche, palpable pour ne pas être une histoire vécue. Pourtant ne nous met-elle pas en garde tout au long du roman ? Duel implacable sans vainqueur, sans vaincu, à moins que ce soit nous qui représentons l’un ou l’autre ; voire même les deux.

On assiste, figé dans les pleins phares, à ce questionnement concernant ce processus de création artistique. La voix théorique de l’écrivaine s’éveille dans un personnage mystérieux, possessif, toxique qui s’avère pourtant être son idéal. Qui est-ce ? Personnification de la fiction ou réel qui ne cesse de se soustraire à nos pieds ? Mise sur papier de l’intériorité de l’écrivaine, les questionnements deviennent tangibles et revêtent les habits de la fiction pour justement nous parler du réel. On se perd délicieusement, abruptement parmi les mots, les tournants inattendus.  Tout tangue, frémit, chavire, le vertige est là, nos pieds se dérobent sous la possibilité de cette chute sans fin.

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L’article de la semaine#28 : Uldus Bakhtiozina, Celebration of Marias.

Celebration of Marias, 2015. Uldus Bakhtiozina. Auto-portrait.

© Uldus Bakhtiozina, Celebration of Marias, Mars 2015, Self-portrait. All done by the artist

Et ces couleurs vives et chatoyantes dansent, nous amenant dans leur virevoltement au fil des perles, des couleurs, des matières et des mille lumières qui s’y reflètent. La photographe russe Uldus Bakhtiozina se met ici en scène dans cet accoutrement fabriqué entièrement de sa main et qui fait référence aux mythes traditionnels russes. On aimerait s’approcher en vrai, encore plus près pour palper doucement ce folklore ondoyant. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#27 : Adam Lupton, The Last Message Never Sent

Adam Lupton

© Adam Lupton, The Last Message Never Sent, 2014, peinture à l’huile, 36x36cm

Le passé nous construit, on avance sur ces marches de souvenirs, enveloppés des effluves de temps finis. Mais il peut aussi détruire, nous entaillant la peau à force de se retourner sur lui-même. Cet homme à l’air renfrogné d’Adam Lupton n’est qu’une représentation picturale de ce que chacun peut vivre, submergé par ses pensées. Démultiplication des secondes, de mains, de pieds, la touche est vive mais l’impression floue. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#26 : Alex Kanevsky, Conversation

Alex Kanevsky, Conversation, femme nue allongée parmi des fragments de peinture.

Conversation46 ‘ x 66, oil on wood, © Alex Kanevsky

Des touches par ci, par là. Une démultiplication de la figure, des formes, des couleurs. Hasard contrôlé ou alors maitrise pleine et entière de chaque geste, chaque trace laissée sur la toile ? La virtuosité d’Alex Kanevsky provient bien évidemment de son trait, vif et réaliste mais surtout de son coup de pinceau, vibrant, vivant, éclaté.   La peinture incise et lacère ce visage mélancolique, doucement posé sur une vague tâche rosâtre de peinture informe. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#25 : Thomas Agrinier, Ice Cream.

Thomas Agrinier, une glace, du mouvement, du pop.

“Ice cream” 2016 – huile sur toile, 240 x 194cm © Thomas Agrinier.

Ca explose, court, s’agite ! Lumière agressive, on imagine sans mal ces néons qui défaillent, s’éteignent et s’allument dans un bourdonnement sourd mais perceptible. Les couleurs s’entrechoquent, vibrent au contact l’une de l’autre. Le pinceau de Thomas Agrinier est vif, palpable, ses sillons sont visibles, ses éclaboussures exhibées. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#24 : Ruben Brulat, Au temps disparu

Ruben Brulat. Corps nu dans montagnes grises immenses

Au temps disparu, Bromo, Indonesia, 2012, © Ruben Brulat

120x150cm numbered 1/5 + AP, pigment ink on paper

Zandra

C’est impressionnant comme l’humain est petit face à la grandeur de la nature. Cette photographie de  Ruben Brulat nous stoppe nette dans toute considération égocentrique. Nous ne sommes rien. Seuls quelques sept milliards d’hommes piétinent cette terre que nous ne prenons plus la peine de prendre en considération. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#23 : Dads, Camille Lévêque

Camille Lévêque. Photographie un peu vintage couleur d'une enfant faisant du roller avec son père, à qui il manque la tête.

© Camille Lévêque, photographie couleur de la série Dads, 2015.

Une vieille photographie ternie par le temps, marquée par les souvenirs mais surtout emblème de réminiscences. Camille Lévêque joue avec elle, la manie et en change le sens. Pourtant, la nostalgie d’un temps lointain, sûrement idéalisée par notre “moi” actuel, plane imperceptiblement au-dessus de cette surface colorée.Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#22 : “Paraître, être”, Jérémie Amigo.

 

Jérémie Amigo. Etre ou paraître 2016, dessin en noir et blanc.
Paraître, être, ©Jérémie Amigo, mine de plomb sur papier, 2016.

Des traits de crayons aussi incisifs que les mots apposés à ce dessin, l’artiste Jérémie Amigo renverse une signification à première vue simpliste. Un hérisson à l’apparence tout à faire banale se présente en premier lieu à nos yeux. En dessous semble se trouver en n°2 cet animal sans épines, doux et soyeux.  On ne le reconnaît plus sans ses pics, son identité est perdue.Continue reading →

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