L’oeuvre de la semaine#19 : Lines we live by, Frances Berry

Frances Berry déforme et distend des photographies vintages

Image de la série « Lines we live by« , © Frances Berry

Tout sourire et inconsciente de la déformation autour d’elle, cette jeune femme semble se trouver dans un monde parallèle. L’artiste Frances Berry, qui se définit sur son site comme une « créatrice d’image », prend ici une photo vintage qu’elle étire par des outils numériques. Comme une matière élastique que l’on allongerait à l’infini, l’image se strie, se déforme dans une abstraction douce mais perturbante. La tranquillité de cette femme épargnée d’une distorsion colorée peut déranger. Les couleurs se laminent, les lignes fusionnent comme si l’on avait traîné cette personne le long de la photo laissant dans sa trace des sillons colorés.  Ou alors est-elle simplement statique dans un monde tourbillonnant, dans une société où les choses défilent devant nos yeux sans s’arrêter ? Vitesse, enivrement, arrêt sur image.

Pourtant elle n’est pas mise à mal. Les traits l’évitent, imperturbable et distincte, cette femme d’une photographie vintage devient le centre de l’attention. L’humain au milieu de tout ce brouhaha bariolé, perçant de son regard le flou de la vie. Cependant, de ces tons pastels émane une atmosphère d’un monde parfait, imperturbable mais impénétrable. Le bleu d’un ciel idéal côtoie un rose tendre et poudré.  Frances Berry par de simples lignes déformant l’image questionne et met mal à l’aise. Est-ce le temps qui s’arrête et s’égrène par l’impression qu’il n’avance jamais ? Ou est ce l’impression du corps traîné au travers des secondes qui s’étirent en  des heures ?

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