L’oeuvre de la semaine#14 : Girls Wanna be like a Flower#3, Naomi Okubo

Naomi Okubo, Girls Wanna be Like a Flower#3, 50x80,3cm, Acrylique on cotton.

© Naomi Okubo, Girls Wanna be like a Flower#3, 50×80,3 cm, acrylique sur coton.

Les couleurs sont acidulées, les fleurs sont omniprésentes et seul le visage de l’artiste Naomi Okubo reste caché dans ce foisonnement irréel.  Tout se mélange dans ce monde aux contours oniriques. L’apparence du réel se dissimule sous les traits d’un rêve aux couleurs ondulantes qui semblent nous attirer dans la perfection des méandres du faux. Pourtant tout est net, piquant, presque trop tranchant comme les lignes jaunes de ces tulipes roses du  premier plan.

Ici tout est pensé, découpé, retravaillé, déplacé pour créer cet environnement éclatant. L’artiste chaparde des images des médias de masse, des pubs et même des autoportraits pour les assembler, les mélanger, les amalgamer. Travaillant par la suite sur Photoshop, Naomi Okubo en trace les contours pour ensuite s’approprier ce monde imaginé par la peinture. Les couleurs sont mordantes, agressives et pourtant elles se referment sur notre imaginaire tel un tournoiement hypnotique qui voudrait nous piéger.

En effet, toute cette effervescence colorée, cette réalité illusoire ne serait que le reflet d’une trop grande exposition aux images des médias ; trop polies, trop idéalisées, trop parfaites.  Sous la parure du tangible s’immisce la fausseté qui pousse à la consommation, à la comparaison, à l’addiction du paraître. On s’accroche à la superficialité des choses, englué·e·s dans le mielleux de la perfection. Mais tout disparaît une fois l’épiderme idéal retourné. C’est le néant qui se retrouve derrière, les couleurs s’évanouissent, on se retrouve face à soi-même.

Naomi Okubo, en partant de son expérience personnelle,  questionne ce que sont les apparences et l’impact qu’elles ont sur l’identité et les rapports aux autres. Elle se rend compte que modifier son apparence améliore la considération que les autres ont envers elle. La superficialité devient alors chose primordiale, chose à colorer vivement afin de la rendre la plus attrayante possible. Cette oeuvre n’est que l’exubérance de l’importance de l’extérieur et pourtant, son visage reste caché. Ses traits sont recouverts, son identité n’est pas découverte. L’intériorité ne peut se dévoiler dans la séduction de l’aspect, dans la frivolité de l’artificiel.

 

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