L’oeuvre de la semaine#18 : Michael Wolf, a43

Michael Wolf, architecture of density. Hong Kong, urbanisme, gratte-ciel

Architecture of density, a43, Hong Kong, photographie couleur , ©Michael Wolf

Tout n’est que carrés et formes géométriques. Semblable à une image mal « glitchée », elle se décompose et paraît se désintégrér en motifs qui vacillent ; comme si le regard, telle une chronophotographie, analysait chaque mouvement au ralenti d’un objet bougeant. Abstraction aux couleurs pâles mais géométrisation intense, que regarde t-on réellement ? Un moment d’hésitation et de doute plane dans notre inconscient avant  de disparaitre et de nous faire réaliser. Nos poils se hérissent, on manque d’air. Plaqué frontalement à cette photo de Michael Wolf on prend conscience que des individus vivent dans ces tours infinies et infernales. L’œuvre prend un nouveau sens. Ce n’est plus une envolée lyrique d’une abstraction naissante de l’inconscient de l’artiste mais une photographie réelle et non retouchée.

Angoisse et oppression s’entremêlent à cette contemplation hypnotique. Les émotions se contredisent. Tout se ressemble, se répète encore et encore inlassablement. On semble piégés dans cet espace sans  limites temporelles ou spatiales.  Le ciel n’existe pas, la terre non plus. Combien d’étages se trouvent encore au-dessus ? Et combien de personnes vivent en dessous ? Fascinant et accablant,  à force de regarder et de scruter on ne voit plus rien. Les formes tanguent et ondulent. Les lignes se brouillent pour ne former qu’une masse abstraite d’où émanent les fades effluves de la vie quotidienne. C’est une abstraction sans fin, aux fenêtres si petites que l’on ne peut imaginer l’immensité des gratte-ciels et le visage des habitants. Michael Wolf met au jour les couches épidermiques faites en béton de la ville de Hong Kong. Arrêt sur image, le temps n’existe plus, la ville semble désertée puisque l’humain est invisible. Pourtant il se cache, tapi dans sa tanière en béton, scrutant la vie derrière ces innombrables et minuscules ouvertures. Brutale et compressée, cette architecture nous pose question. Comment chacun fait-il pour vivre individuellement, avec sa propre identité dans cette amas humain et cette densité architecturale irrespirables?

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