L’oeuvre de la semaine#21 : Fête 82, Thomas Levy-Lasne

Aquarelle de Thomas Levy-Lasne qui dépeint les festivités de la jeunesse actuelle.

Fête 82, 2017, aquarelle sur papier, 15x20cm ©Thomas Levy-Lasne. 

Les paillettes brillent et frétillent au gré du déhanchement de chacun. Les corps sont proches, les effluves lourdes et sucrées d’alcool s’échappent des interstices de cette foule qui danse. L’artiste Thomas Levy-Lasne, par cette aquarelle colorée nous présente la jeunesse festive et l’insouciance qui s’en dégage.

L’hyperréalisme interpelle et nous invite à regarder de plus près mais perturbe aussi un peu.  Chaque détail de ce microcosme éphémère est retranscrit avec précision, plus vivement que ne le ferait une photographie. C’est d’ailleurs le point de départ de l’artiste. Non une simple imitation photographique mais une réelle composition et arrangement du réel, Thomas Levy-Lasne fait exister le moment. Comme si, lorsque nous vivions ce dernier, il était non réel. Trop fugace, trop intense ou alors trop indifférent, cet instant ne marque pas. Il est tout simplement. Le temps de la recomposition et l’acte de peindre lui donnent un nouveau souffle, exhibant ce que chacun peut vivre mais dont seule l’impression d’une atmosphère enivrante jaillit plus qu’un souvenir précis et statique.

Assis sur un canapé à regarder les autres se trémousser ou simple point de vue différent et étrange ? Au coeur même d’une musique que l’on imagine sans mal entrainante, entouré des arômes moites d’une soirée en appartement ;  cet hyperréalisme nous plonge dans une réalité reconnaissable. Telle une simple étude sociologique, cette aquarelle montre t-elle d’un nouveau point de vue le concret que nous pouvons également vivre ?  Ou alors est-ce une pure envie de jouer avec le réel dans sa représentation ? La fête, seule chose qu’il nous reste ?   Les corps sont proches, prêts à nous emporter avec eux dans leur ivresse joyeuse. Un pantalon zébré, un bras à la manche remontée, un genou, des paillettes, voilà les seules choses révélatrices d’une quelconque identité. Les visages sont coupés, les gros plans privilégiés rendant la projection de nos propres festivités possible.

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