L’oeuvre de la semaine#5 : Demiak

Waterford” , Demiak

Photo d’une catastrophe (sur)naturelle non montrée ? Non. Peinture d’un paysage déserté par l’humanité, par la vie.  Un cataclysme est survenu, engloutissant absolument tout sur son passage. Où sont les survivants ? Seule l’eau translucide et la fumée à peine percevable semblent bouger dans ce paysage chaotique peint par l’artiste Demiak.  Pourtant les couleurs diaphanes sont douces, rassurantes, on aurait presque envie de se laisser doucement couler dans cette eau claire. Mais la catastrophe a bel et bien eu lieu. L’artiste ne peint que les traces qu’elle a laissée derrière elle, l’apitoiement et les lamentations n’existent pas car la peinture est poétique et non empreinte de pathos.

La paysage en lévitation nous montre la pérennité de la vie ; tout est éphémère. Revisitant la peinture d’histoire, l’artiste Danois nous met en garde contre les risques écologiques qui nous surplombent. Le ciel semble littéralement être tombé dans l’eau, aucune distinction entre les deux n’est possible.Le ciel se morfond dans l’eau, la fumée fait trembler les reflets. Immobilisé en plongé sur cette vue de désastre, on ne peut que contempler. Contempler ce monde englouti sous l’eau, contempler la finesse et le travail des reflets qui ne fait qu’accentuer mimétisme et ainsi peur. L’impression d’être le seul survivant à observer cette fin tragique mais si paisible nous  paralyse. Omniprésence de la mort mais pourtant c’est la vie qui surgit.

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