L’oeuvre de la semaine#17 : #collarbones, Olivier Pardini

Olivier Pardini, #collarbones

Variation N° 1 d’après #collarbones ses équivalents et traductions,                    Olivier Pardini 
Ensemble de 9 tableaux 30 x 30 cm
Huile sur toile
Dimensions avec cadre : H 103,5 x L 103,5 cm

Répéter encore et encore le même thème presque obsessionnellement comme si le sujet ne s’épuisait pas.  Variations infimes mais duplications inlassables.L’artiste Olivier Pardini prend des images qu’il trouve sur Instagram, se les approprie, les remanie mais surtout les copie à la perfection. En tombant dans l’illusion facile de photographies en noir et blanc, on ne fait que s’enfoncer dans le miroir tendu devant nos yeux. Société narcissique, regard presque voyeuriste. Olivier Pardini questionne les motivations de cette envie de se dévoiler à un public anonyme. Ce culte du selfie semble rebondir à la surface de cette toile, nous exhibant la vénération de l’apparence. Tout n’est que beauté extérieure, représentation idéalisée et normes respectées. Toutes différentes et pourtant non différentiables, ces jeunes femmes fusionnent pour ne former qu’une masse brouillée de lumières et d’ombres mais surtout de sensualité évanescente. Des épaules dénudées, une bouche pulpeuse, un cadrage similaire et des ombres profondes qui s’enfoncent dans le sillage de ces corps langoureux modèlent ces neuf tableaux. L’oeuvre parait être une mosaïque auquelle pourrait s’ajouter à l’infini des images qui s’assemblent mais surtout se ressemblent. Des choix s’opèrent, un tri des photographies s’effectue. Rapide et vif, l’oeil contemple chaque tableau, essayant de repérer les minimes variations. De plus,  le hashtag rappelle l’origine et le lieu où les images ont été trouvées, tout comme le format carré qui fait écho au Polaroïd mais surtout à Instagram.  Reproduire à l’identique pour mieux se les approprier et transmettre. Cela peut sembler quelque peu paradoxale. Comment montrer sa personnalité artistique quand on chaparde des images au vue de tous ? Ces peintures semblent trop réelles ;  la sensualité jaillit de la touche douceureuse tout en s’échappant d’une bouche entrouverte. Ce clair-obscur violent effleure le grain de la peau pour faire ressortir la délicatesse du geste.  Anonymat réciproque, on ne connait pas ces jeunes filles et elles ne sauront jamais qui contemple ces peintures hyperréalistes de leurs photos.

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