L’oeuvre de la semaine#21 : Fête 82, Thomas Levy-Lasne

Aquarelle de Thomas Levy-Lasne qui dépeint les festivités de la jeunesse actuelle.

Fête 82, 2017, aquarelle sur papier, 15x20cm ©Thomas Levy-Lasne. 

Les paillettes brillent et frétillent au gré du déhanchement de chacun. Les corps sont proches, les effluves lourdes et sucrées d’alcool s’échappent des interstices de cette foule qui danse. L’artiste Thomas Levy-Lasne, par cette aquarelle colorée nous présente la jeunesse festive et l’insouciance qui s’en dégage.

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L’oeuvre de la semaine#20 : Vigìa, Rocio Montoya

Rocio Montoya, Vigìa. Photographie en noir et blanc d'où surgit la candeur de la végétation.

Vigìa, photographie et collage, ©Rocio Montoya, 2016

De la douceur nait cette tranquillité immobile, silencieuse mais non pesante. “Vigìa” ou “le guet”.  Qu’attend cette jeune femme au regard profond, entourée d’une pensée  mélancolique ? Regarde-t-elle le temps qui passe inexorablement sans fin et sans calme non plus ? Ou alors observe-t-elle l’avenir qui se rapproche à grands pas fracassants, bousculant le passé sur son passage pour laisser dans son sillon traces ineffaçables pour la construction d’un futur ? Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#19 : Lines we live by, Frances Berry

Frances Berry déforme et distend des photographies vintages

Image de la série “Lines we live by“, © Frances Berry

Tout sourire et inconsciente de la déformation autour d’elle, cette jeune femme semble se trouver dans un monde parallèle. L’artiste Frances Berry, qui se définit sur son site comme une “créatrice d’image”, prend ici une photo vintage qu’elle étire par des outils numériques. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#18 : Michael Wolf, a43

Michael Wolf, architecture of density. Hong Kong, urbanisme, gratte-ciel

Architecture of density, a43, Hong Kong, photographie couleur , ©Michael Wolf

Tout n’est que carrés et formes géométriques. Semblable à une image mal “glitchée”, elle se décompose et paraît se désintégrér en motifs qui vacillent ; comme si le regard, telle une chronophotographie, analysait chaque mouvement au ralenti d’un objet bougeant. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#17 : #collarbones, Olivier Pardini

Olivier Pardini, #collarbones

Variation N° 1 d’après #collarbones ses équivalents et traductions,                    Olivier Pardini 
Ensemble de 9 tableaux 30 x 30 cm
Huile sur toile
Dimensions avec cadre : H 103,5 x L 103,5 cm

Répéter encore et encore le même thème presque obsessionnellement comme si le sujet ne s’épuisait pas.  Variations infimes mais duplications inlassables.Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#15 : Seung-Hwan Oh, Impermanence

Impermanence_Ambre, Seung-Hwan Oh

© Seung-Hwan OH Photography

Impermanence_untitled_Ambre, 2014, 150x150cm, Pigment Print, Edition of 5.

Une photographie d’aspect vieillie et ancienne se fait recouvrir par des variations de couleurs, de formes et de mouvements. Comme des vagues qui feraient des plis à la surface calme de l’eau, ces tâches non identifiées parsèment l’image. Elles se lient à elle pour ne faire plus qu’une avec ce que cette dernière essaie maintenant de nous montrer. Cette photographie tente de faire sortir un portrait qui paradoxalement devient inconnu. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#14 : Eric Roux-Fontaine, Neverlandscape

Neverlandscape, Roux-Fontaine

Neverlandscape, 120x140cm, Eric Roux-Fontaine 

Comme des souvenirs immobiles qui ressurgissent par bribes et sensations, cette peinture d’Eric Roux-Fontaine joue avec les transparences et les mélanges. Comment retranscrire la subjectivité d’une réminiscence ? Il parait bien plus intéressant de peindre la perception d’un souvenir et d’embellir la réalité “crue” d’un lieu et d’un moment que d’exhiber une simple retranscription picturale, terre à terre et réaliste. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#13 : Gisèle Bonin

Le dit du Mineur, Gisèle Bonin

Série “Le dit du mineur“, Mine de plomb sur papier Velin – 10 x 14 cm, Gisèle Bonin

Un plan si rapproché  que le corps représenté devient presque abstrait. Il n’est plus qu’ombres et lumières, matières et grains. Rien n’existe à part cette présence absente. Absence d’identité, absence de corps entier, on perd nos repères ; solitude. L’artiste Gisèle Bonin nous donne envie d’effleurer ce dessin si virtuose dans sa représentation par une certaine sensualité qui devient sensorielle et s’évapore de cette fragmentation corporelle. Elle choisit souvent dans le sujet du corps des fragments contenant peu d’informations visuelles. Identification différée, le dessin ressemble presque à une photographie granuleuse, marquée par les traces du temps.   Emergeant  d’un brouillard pictural, ce corps incertain semble voguer dans un temps figé et incertain. Une tranquillité délicate fraye son chemin dans des sentiments parfois antinomiques :   violence, fragilité mais surtout sensualité. Dans ce corps à corps visuel entre dessin et spectateur, le cadrage nous englobe dans chaque recoin de peau, chaque pli et bosse du corps. A force de se perdre dans la méticulosité du grain et le trait rugueux qui s’accroche au papier, on oublie presque que c’est un dos que l’on scrute. Jeu complexe et très précis entre ombres et lumières, ce corps si près de nous fascine par sa matérialité et son toucher. Mais de quel corps s’agit-il ? A qui appartient-il ? A chacun et à personne. On peut tous se reconnaître dans ce fragment corporel. L’universalité de l’existence est révélée. Elle émane et flotte au dessus de cette oeuvre.  Ce corps, par le cadrage serré, devient presque un objet ; objet de contemplation et de fascination. Il y a tant à découvrir dans ces interstices, ces plis et ce grain qu’on ne peut s’approprier entièrement le travail fascinant de ce dessin de  Gisèle Bonin.

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L’oeuvre de la semaine#12 : Jérôme Lagarrigue, Him

Him, Shaun Ross, Jérôme Lagarrigue

Him, Jérôme Lagarrigue, 2014, 79” x 79”, (200 x 200 cm), oil on linen.

Cet oeil marron clair qui nous observe à travers une peinture épaisse et brouillée est celui du modèle albinos afro-américain Shaun Ross. L’artiste Jérôme Lagarrigue retranscrit à travers une touche vibrante la particularité de ce mannequin. Sa différence devient une force. Mouvantes et pleines de lumière, les couleurs claires se brouillent en s’associant pour faire naître ce portrait plein de puissance. Comme émergeant derrière un brouillard épais, ce visage se façonne par touches, presque par à coups. Un regard  solitaire et neutre semble nous regarder sans pourtant nous apercevoir.  Les nuances chaires et bleus tournoient, coulent et semblent parfois avoir été aplanies brusquement sur la toile. Pourtant la netteté du regard est surprenante, les détails se concentrent en ce point central. Observant et observé on plonge dans cet oeil scruteur. De plus, le format immense de la toile (200x200cm) ne peut que nous faire tomber dans l’appréciation des touches picturales. Happé par la taille et la proximité de ce visage si singulier, on se sent tout petit face à cette oeuvre de Jérôme Lagarrigue. Des touches bleues, des coulures et des endroits qui paraissent inachevés surgissent ici et là, ouvrant la toile aux yeux de celui qui regarde.

Ce portrait de Shaun Ross, premier modèle albinos, questionne le genre, la race, l’idée de beauté et de perfection physique et complexifie ces relations dans son être qui bouscule tous les codes sociétales. L’artiste Jérôme Lagarrigue, par ses coups de pinceaux francs et vigoureux, questionne ces notions et montre dans son travail que les noirs et les métisses sont sous-représentés dans l’art du portrait.

 

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