L’oeuvre de la semaine#19 : Lines we live by, Frances Berry

Frances Berry déforme et distend des photographies vintages

Image de la série “Lines we live by“, © Frances Berry

Tout sourire et inconsciente de la déformation autour d’elle, cette jeune femme semble se trouver dans un monde parallèle. L’artiste Frances Berry, qui se définit sur son site comme une “créatrice d’image”, prend ici une photo vintage qu’elle étire par des outils numériques. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#18 : Michael Wolf, a43

Michael Wolf, architecture of density. Hong Kong, urbanisme, gratte-ciel

Architecture of density, a43, Hong Kong, photographie couleur , ©Michael Wolf

Tout n’est que carrés et formes géométriques. Semblable à une image mal “glitchée”, elle se décompose et paraît se désintégrér en motifs qui vacillent ; comme si le regard, telle une chronophotographie, analysait chaque mouvement au ralenti d’un objet bougeant. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#17 : #collarbones, Olivier Pardini

Olivier Pardini, #collarbones

Variation N° 1 d’après #collarbones ses équivalents et traductions,                    Olivier Pardini 
Ensemble de 9 tableaux 30 x 30 cm
Huile sur toile
Dimensions avec cadre : H 103,5 x L 103,5 cm

Répéter encore et encore le même thème presque obsessionnellement comme si le sujet ne s’épuisait pas.  Variations infimes mais duplications inlassables.Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#15 : Seung-Hwan Oh, Impermanence

Impermanence_Ambre, Seung-Hwan Oh

© Seung-Hwan OH Photography

Impermanence_untitled_Ambre, 2014, 150x150cm, Pigment Print, Edition of 5.

Une photographie d’aspect vieillie et ancienne se fait recouvrir par des variations de couleurs, de formes et de mouvements. Comme des vagues qui feraient des plis à la surface calme de l’eau, ces tâches non identifiées parsèment l’image. Elles se lient à elle pour ne faire plus qu’une avec ce que cette dernière essaie maintenant de nous montrer. Cette photographie tente de faire sortir un portrait qui paradoxalement devient inconnu. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#14 : Eric Roux-Fontaine, Neverlandscape

Neverlandscape, Roux-Fontaine

Neverlandscape, 120x140cm, Eric Roux-Fontaine 

Comme des souvenirs immobiles qui ressurgissent par bribes et sensations, cette peinture d’Eric Roux-Fontaine joue avec les transparences et les mélanges. Comment retranscrire la subjectivité d’une réminiscence ? Il parait bien plus intéressant de peindre la perception d’un souvenir et d’embellir la réalité “crue” d’un lieu et d’un moment que d’exhiber une simple retranscription picturale, terre à terre et réaliste. Continue reading →

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L’oeuvre de la semaine#13 : Gisèle Bonin

Le dit du Mineur, Gisèle Bonin

Série “Le dit du mineur“, Mine de plomb sur papier Velin – 10 x 14 cm, Gisèle Bonin

Un plan si rapproché  que le corps représenté devient presque abstrait. Il n’est plus qu’ombres et lumières, matières et grains. Rien n’existe à part cette présence absente. Absence d’identité, absence de corps entier, on perd nos repères ; solitude. L’artiste Gisèle Bonin nous donne envie d’effleurer ce dessin si virtuose dans sa représentation par une certaine sensualité qui devient sensorielle et s’évapore de cette fragmentation corporelle. Elle choisit souvent dans le sujet du corps des fragments contenant peu d’informations visuelles. Identification différée, le dessin ressemble presque à une photographie granuleuse, marquée par les traces du temps.   Emergeant  d’un brouillard pictural, ce corps incertain semble voguer dans un temps figé et incertain. Une tranquillité délicate fraye son chemin dans des sentiments parfois antinomiques :   violence, fragilité mais surtout sensualité. Dans ce corps à corps visuel entre dessin et spectateur, le cadrage nous englobe dans chaque recoin de peau, chaque pli et bosse du corps. A force de se perdre dans la méticulosité du grain et le trait rugueux qui s’accroche au papier, on oublie presque que c’est un dos que l’on scrute. Jeu complexe et très précis entre ombres et lumières, ce corps si près de nous fascine par sa matérialité et son toucher. Mais de quel corps s’agit-il ? A qui appartient-il ? A chacun et à personne. On peut tous se reconnaître dans ce fragment corporel. L’universalité de l’existence est révélée. Elle émane et flotte au dessus de cette oeuvre.  Ce corps, par le cadrage serré, devient presque un objet ; objet de contemplation et de fascination. Il y a tant à découvrir dans ces interstices, ces plis et ce grain qu’on ne peut s’approprier entièrement le travail fascinant de ce dessin de  Gisèle Bonin.

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L’oeuvre de la semaine#12 : Jérôme Lagarrigue, Him

Him, Shaun Ross, Jérôme Lagarrigue

Him, Jérôme Lagarrigue, 2014, 79” x 79”, (200 x 200 cm), oil on linen.

Cet oeil marron clair qui nous observe à travers une peinture épaisse et brouillée est celui du modèle albinos afro-américain Shaun Ross. L’artiste Jérôme Lagarrigue retranscrit à travers une touche vibrante la particularité de ce mannequin. Sa différence devient une force. Mouvantes et pleines de lumière, les couleurs claires se brouillent en s’associant pour faire naître ce portrait plein de puissance. Comme émergeant derrière un brouillard épais, ce visage se façonne par touches, presque par à coups. Un regard  solitaire et neutre semble nous regarder sans pourtant nous apercevoir.  Les nuances chaires et bleus tournoient, coulent et semblent parfois avoir été aplanies brusquement sur la toile. Pourtant la netteté du regard est surprenante, les détails se concentrent en ce point central. Observant et observé on plonge dans cet oeil scruteur. De plus, le format immense de la toile (200x200cm) ne peut que nous faire tomber dans l’appréciation des touches picturales. Happé par la taille et la proximité de ce visage si singulier, on se sent tout petit face à cette oeuvre de Jérôme Lagarrigue. Des touches bleues, des coulures et des endroits qui paraissent inachevés surgissent ici et là, ouvrant la toile aux yeux de celui qui regarde.

Ce portrait de Shaun Ross, premier modèle albinos, questionne le genre, la race, l’idée de beauté et de perfection physique et complexifie ces relations dans son être qui bouscule tous les codes sociétales. L’artiste Jérôme Lagarrigue, par ses coups de pinceaux francs et vigoureux, questionne ces notions et montre dans son travail que les noirs et les métisses sont sous-représentés dans l’art du portrait.

 

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L’oeuvre de la semaine#11 : Roger Weiss, Human Dilatations

Human Dilatations_Suspension, Roger Weiss

2004, Roger Weiss

Gum Bichromate Print

130 x 100 cm

Collage of 9 photographs

Photo d’un corps de femme nue, bras tendus et regard vers le haut. Au premier coup d’oeil, rien d’anormal. Mais très vite on se rend compte que les proportions sont fausses. La main est trop proche, les pieds immenses, le visage très loin. Ce travail de Roger Weiss perturbe. La profondeur se fait ressentir, le corps est grand et allongé. Contre-plongée ou vue de face ? On ne sait plus. Le regard et ses perceptions sont perdus. Les repères spatiaux dans l’image sont inexistants. Allongée ou debout contre un mur, cette femme qui nous ignore flotte presque dans un espace froid. Un certain malaise s’installe. Cette femme devient dérangeante, ses proportions sont anormales. Non monstrueux mais pourtant étrange, son corps parait s’étirer et s’approcher de nous tout en s’éloignant. Inatteignable et pourtant presque tangible on a envie d’éprouver ces proportions déraisonnables. Comment est-ce possible ? En scrutant chaque morceau on remarque que les formes sont exactes. Cependant, mis ensemble le tout est distordu, lointain mais si proche. Le collage et les lignes de rencontre entre les neuf photographies exhibent ce morcellement qui compose cet assemblage. La question de la réalisation n’en est que plus forte.

 Roger Weiss questionne l’image de la femme contemporaine, idéalisée et fantasmée. Quête de la perfection physique déformée par  l’esprit, cette image nous renvoie l’oscillation entre les deux.   Détachée du stéréotype du corps de la femme parfaite, cette photo de la série “Human Dilatations” nous exhibe un corps dans son ensemble, formant un tout harmonieux par un point de vue masculin sur un corps féminin si idéalisé et retouché.

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L’oeuvre de la semaine#10 : Vilde Rolfsen, Plastic Bag Landscape#1

Plastic Bag Landscape, Vilde Rolfsen

Photographie de Vilde Rolfsen dans la série “Plastic Bag Landscape#1″

Entrée d’une caverne imaginaire ou alors seuil d’un lieu arctique glacé ? Le doute est réel. L’identité de notre contemplation est floue. Les couleurs douces et rosées contrastent avec ce bleu plus intense.  L’harmonie de cette association rappelle indubitablement une atmosphère glaciale où ces plis ne sont que la représentation des étagements de la glace et de la neige. Du froid se dégage de cette matière plissée et colorée. Cette photographie de l’artiste Vilde Rolfsen nous invite à la contemplation d’un objet banal et quotidien mais qui pourtant nous semble inconnu au premier regard. En effet, ce travail n’est qu’une photographie d’un sac plastique. Qui l’eut cru, qu’un tel objet à nos yeux si inintéressant et impersonnel, puisse produire une telle photo, pleine de poésie et de douceur ? Un monde imaginaire s’engouffre dans l’entrée de ces couleurs suaves. La pensée du regardeur vagabonde au gré des plis et des replis, des recoins et des endroits cachés. On se plaît à imaginer un endroit qui n’existe pas, un endroit à l’abri du reste du monde. Notre relation à cet objet si ordinaire change. Comment tant de délicatesse peut-elle émaner d’un simple sac en plastique vulgaire ? Vilde Rolfsen récolte ce dernier dans la rue, montrant ainsi la banalité d’un tel objet.  C’est la lumière et des cartons colorés qui lui prodiguent cette étrange dimension et profondeur d’un paysage rêvé. Devenu surréaliste dans cette photographie, le sac perd son identité. Endroit imaginé, halluciné ou parcouru, on ne sait plus. Dans notre société de consommation où les choses sont utilisées quelques fois puis jetées, Vilde Rolfsen nous montre le fait que l’on prend tout cela pour acquis. L’utilisation de sacs plastiques ou d’objets plus utilitaires qu’esthétiques n’est jamais ou très peu remis en question. Elle ne cherche pas à glorifier cet objet mais au contraire à nous faire prendre conscience des déchets que nous produisons. Cette image n’est qu’un certain point de vue que nous n’aurions jamais imaginé émerger d’un sac plastique.

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